Retour sur la 1ère édition des rencontres régionales inter-associative de Dons Solidaires

« L’accès aux produits d'hygiène est un droit fondamental. Il s’inscrit dans un parcours de soin qui contribue au bien-être physique et mental des populations marginalisées  » Frédéric Blot 

Un nouvel espace d’échanges dédié aux associations

L'activité de Dons Solidaires repose sur la mobilisation d’acteurs de divers horizons, engagés dans la lutte contre la précarité. Les rencontres régionales inter-associatives ont donc été pensées comme un espace d’échanges pour nos associations partenaires.

Cette première édition des rencontres s’est tenue à Lyon le 11 mars et à Paris le 18 mars. Elle a réuni des acteurs clés de notre chaîne de solidarité comme Pierre Barruel (Commissaire à la lutte contre la pauvreté en Auvergne-Rhône-Alpes), Benjamin Boles (Directeur supply chain du Groupe PAREDES-ORAPI), Damien Delahaye (Directeur de LAHSo) ou encore Christine Vincent (Directrice de l’épicerie sociale Saint-Priest). Tous ont pris la parole lors de tables rondes.

Cette année, les discussions avaient pour but de mettre en lumière l’efficacité d’une approche collective face aux enjeux de la précarité. Les échanges ont donc porté sur des sujets complémentaires : à Lyon, il était question de la stratégie de collaboration entre associations, pouvoirs publics et entreprises pour enrayer durablement la précarité. À Paris, les intervenants ont discuté de la complémentarité entre politiques locales et initiatives privées pour favoriser l’accès universel aux produits d’hygiène. 

À l’issue des tables rondes, les associations se sont retrouvées pour un moment convivial autour d’un verre, échangeant librement sur les problématiques quotidiennes qu’elles rencontrent.

Optimiser l’impact social par une coopération renforcée

Lors des discussions, modérées par Frédéric Duval à Paris, et Jean-Didier Derhy à Lyon, plusieurs intervenants ont souligné l'importance d’une meilleure communication sur les besoins des bénéficiaires, pour une action sociale plus efficace. Les retours des associations permettent à Dons Solidaires d’affirmer son rôle de porte-parole auprès des entreprises partenaires, afin qu’elles alignent leurs dons sur les besoins réels.

Ces informations précieuses peuvent également permettre aux entreprises de mobiliser d’autres leviers de solidarité. Comme l’expliquait un des intervenants : « L’entreprise est l’amont de la chaîne de solidarité. Grâce aux remontées de Dons Solidaires, il est possible de travailler sur des innovations en faveur de la solidarité ». Selon lui, le système du produit-partage et de l’arrondi en caisse illustre ces initiatives qui reposent avant tout sur la volonté des salariés.

Une autre piste a été étayée par Clothilde Ulrich, Directrice des Relations Associations de Dons Solidaires, pour structurer la collaboration avec les acteurs privés. Ces dernières années, les politiques de réemploi, introduites par la loi AGEC, ont façonné les relations entre entreprises et associations, mais elles doivent évoluer pour garantir un approvisionnement pérenne en produits. Face à une précarité grandissante, la pratique du don ne doit plus relever d’une simple gestion des stocks. Elle doit témoigner de la cohérence des engagements sociétaux des entreprises et ainsi, être pleinement intégrée dans une démarche RSE. 

À l’issue des échanges : la nécessité d’un accès universel aux produits d’hygiène

Ces rencontres prennent place dans un contexte où l’inflation semble marquer le pas, sans pour autant alléger la pression sur les ménages les plus vulnérables. Les associations et collectivités s’accordent à dire que la précarité s’est intensifiée et affecte des publics auparavant épargnés comme les jeunes de moins de trente cinq ans. Jade El Ayadi Gaouaou, vice-présidente de l’association Cop1, précise à ce sujet que  40% des jeunes se privent de produits d’hygiène. De plus, le prix de ces produits oblige souvent à arbitrer entre ces derniers et l’alimentation. 

“On a l’impression de se battre en permanence contre un système.” Frédéric Blot

Face à des besoins grandissants, les associations et les collectivités appellent l’État à mettre en place des mesures pour garantir un accès effectif aux produits essentiels du quotidien. Léa Filoche, adjointe en charge des solidarités à la mairie de Paris et présente lors des Rencontres à Paris, propose notamment une TVA réduite (à 5,5%) sur les couches pour nourrissons. Une mesure proposée par les parlementaires lors des projets de loi de finances depuis 2019 (à l’exception de celui de 2025), affirmant qu’il s’agit de produits de première nécessité. Comme le souligne Léa Filoche, cette reconnaissance est indispensable pour garantir le respect des droits fondamentaux

Une première édition qui ouvre la voie à des projets durables

Cette première édition des rencontres régionales à fait émerger un espace d’échanges structurant pour les associations bénéficiaires. Les dialogues ont permis d’attester de la situation de précarité en France, de la pertinence de la collaboration pour faire face aux défis rencontrés et des perspectives de travail pour l’avenir. 

Par la mobilisation d’acteurs clés du secteur de la solidarité, ces rencontres pourraient, à l’avenir, constituer un levier stratégique pour structurer des réponses collectives et influer sur les politiques de lutte contre la précarité.

Une approche résumée par Léa Filoche en une phrase : « prendre du recul sur l’urgence pour construire des projets d’avenir »

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